Woaw. Je sors à l’instant de la séance. Woaw. Voilà un film bien fait. Documenté, construit, clair (et pourtant le challenge était grand).
Parce que Spotlight de Tom Mc Carthy, c’est un film qui aborde un sujet très compliqué. Compliqué dans le sens ouh-la-la-dans-quel-engrenage-viens-je-de-mettre-le-doigt-ah-oui-celui-qui-va-m-arracher-le-bras-jusqu-au-bas-de-la-colonne-vertébrale. Spotlight aborde le thème de la pédophilie au sein de l’Église Catholique. Le film revient sur le travail d’une équipe de journalistes américains du Boston Globe face à une affaire de soupçon (avérés) de pédophilie par un prêtre de Boston.
Cette équipe c’est donc celle de Spotlight, spécialisée dans l’investigation. Ils vont décortiquer le sujet, s'en emparer, tenter de faire éclater le tout au grand jour. Voilà une façon de traiter le travail de journaliste loin de celles dont nous avons l'habitude. Et oui, essayez de vous représenter le journaliste tel que présenté dans la plupart des films que vous avez vu: le gros lourd avec son carnet et son crayon ou son micro, qui pose des questions pénibles, qui harcèle, qui cherche le scandale pour vendre. Voici un cas rare de long-métrage mettant en scène le véritable travail d'investigation. Le film a été pas mal primé, et c'est pas pour rien.
Si chaque acteur s’en sort dignement dans ce film (et c’est vraiment le cas), il y en a quatre à mon sens qui tirent leur épingle du jeu :
- Liv Schreiber : dans le rôle du nouveau responsable du Boston Globe. Énigmatique, calme, sûr de lui, le mot précieux (entendez-là que chaque parole de son personnage est dosée), il endosse le rôle avec facilité et lui offre un charisme non négligeable.
- Michael Keaton : voilà un garçon que j’aime fort dans mon cœur. Je l’ai kiffé en Batman, adulé en BeetleJuice, loué en Birdman. Et le voilà rédacteur en chef de l’équipe Spotlight, l’aîné, l’homme d’expérience, celui qui n’a pas toujours le rôle facile car il se doit aussi de savoir dire non, freiner les ardeurs. Il donne à son personnage ce côté vieux sage qu’on suivrait les yeux fermés, une figure paternelle indéniable pour cette équipe d’enquêteurs chevronnés.
- Stanley Tucci : Inattendu. Il incarne l’avocat de plusieurs victimes d’actes pédophiles. Pas n’importe quel avocat : un bourreau de travail, dur, efficace, têtu, direct, franc. Celui qu’on adore détester. Plus film avance, plus on s’y attache. Tucci est majestueux, il n’en fait ni trop, ni pas assez, il est (ce que j’aime chez un acteur) juste et en retenue lorsqu’il faut l’être.
- Et bien sûr (mon chouchou) Mark Ruffalo. En voilà un autre de garçon que je niche au creux de mon petit cœur. Déjà parce qu’il est un véritable comédien (il touche à pas mal de choses, et il le fait bien. Vous voyez très bien qui c’est, vous avez forcément déjà vu un film où il officie : Avengers, Shutter Island, Foxcatcher, Insaisissables, New York Melody...) et parce que c’est aussi une belle personne. Il défend de nobles causes et use de sa notoriété pour les soutenir. Dans Spotlight, sa performance est remarquable. Il offre un personnage complet en attitude physique, léger accent, comportement.
Les ++++ qui font que vous devriez y aller:
- le casting (bon je me suis déjà bien étalée sur le sujet....)
- L'histoire, absolument révoltante mais malheureusement pas nouvelle et toujours d'actualité.
- La construction du film : l'enquête est facile à comprendre, bien construite, très simplement déroulée, on ne s'y perd pas une seule fois.
Et puis parce que malheureusement, c'est un sujet toujours d'actualité (preuve en est encore le scandale à Lyon aujourd'hui). Lorsque vous irez voir ce film (parce que vous irez, hein), gardez en tête que c'est tiré d'une histoire vraie. Vous verrez, ça sert un peu le bide à plusieurs moments, par contre. Mais ça en vaut la peine. Car un film sur ce sujet qui ne sort pas les violons et ne mise pas sur la larme facile, c'est louable.
/image%2F0025257%2F201310%2Fob_5db1998b0aff4fcf866a1480d2d7f3a2_20120829-185300.jpg)