C’est ce que j’appelle un joli film. Dans le bon sens du terme. Je me souviens qu’à l’époque, c’est mon maître Jedi Hélène qui m’en avait parlé.
Pénélope, c’est l’histoire d’une jeune fille frappée à sa naissance par une malédiction familiale lancée par une vilaine sorcière. Elle vit donc affublée d’un groin et d’oreilles de cochon. Ouaip. Ses parents, notables riches et célèbres, l’enferment chez eux, à l’abri des regards et cherchent à briser la malédiction en la faisant épouser un aristocrate qui « l’aimera pour ce qu’elle est ». La jeune femme reçoit donc régulièrement des prétendants qui fuient dès qu’ils posent le regard sur elle. Ceux-là sont rapidement rattrapés et signent un contrat les empêchant de raconter ce qu’ils ont vu. Jusqu’à ce que l’un d’eux s’échappe et raconte à un journaliste ce qu’il a vu. Celui-ci va donc engager un autre jeune homme et le payer pour qu’il se fasse passer pour un prétendant et obtienne une photo de Pénélope.
Non sans rappeler l’univers Burtonien, les décors de Pénélope ainsi que les costumes sont charmants et atypiques. L’histoire est racontée comme un conte de fées mais tout de même légèrement névrosé. Ceci étant dit, c’est poétique et très très drôle. Christina Ricci du haut de toute sa délicatesse y est parfaite en jeune femme prisonnière de son apparence, douce, vulnérable et terriblement attachante. Ses grands yeux innocents dépassant de l’écharpe qui masque son groin feraient fondre un glacier. James Mac Avoy interprète Johnny, le jeune homme engagé par le journaliste pour se faire passer pour un faux prétendant. Déjà fort charmant en lui-même, il est juste à tomber par terre dans le rôle de ce mystérieux prétendant, joueur invétéré, en souffrance sans qu’on ne sache pourquoi, la mèche rebelle sur l’œil et sur sourire dévastateur, et qui va accorder à Pénélope une véritable attention. Je ne suis toujours pas objective sur les acteurs britanniques, donc fatalement : je fonds. Jolie pépite que j’avais oubliée, le journaliste est interprété par un fort majestueux Peter Dinklage, (oui Madame, Tyrion Lannister, himself) le bandeau sur l’œil et la moralité au bord des lèvres. Gros plus pour Catherine O’Hara qui interprète la maman de Pénélope, et en fait un personnage totalement névrosé, qui cherche à marier sa fille à tout prix, partagé entre sa honte et son amour inconditionnel pour sa fille. Elle y met une énergie considérable et est pour beaucoup dans le contraste général du film : le dynamisme et l’excès des réactions de la famille et des prétendants d’un côté, la poésie, la douceur de Pénélope et le mystère et la noirceur façon artiste maudit du personnage de James Mac Avoy.
Le film date d’il y a environ 10 ans mais ne vieillit pas particulièrement. Je ne saurais que trop vous le conseiller pour passer un petit moment de douceur dans ce monde de brutes.
Les +++ qui font faire « Awwww »
- Le joli casting, très bien choisi
- Les décors et les costumes (sans déconner les costumes franchement, excellents !)
- La poésie de ce conte de fées moderne mais pas trop
- L’humour ambiant saupoudré de joliesse des sentiments et épargné de mièvrerie
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