Un pur bijou
Alors voilà un scénario qui, à chaque fois que je l’ai décrit à quelqu’un, a surpris et laissé un peu perplexe. Ben oui. « Her » c’est l’histoire d’un homme qui tombe amoureux de son système d’exploitation. Qui aurait cru qu’il découlerait de ce synopsis une pure merveille, une histoire d’amour qui laisse rêveur, bref, un si joli film ? Mais voilà, le réalisateur Spike Jonze a de l’or dans les doigts et un don pour le choix de ses acteurs. C’est pourquoi il n’est pas difficile de trouver Theodore Twombly très attachant et convaincant lorsqu’impeccablement interprété par Joaquin Phoenix. Et puis il faut avouer aussi que la voix du système d’exploitation en ferait craquer plus d’un : Scarlett Johansson prouve là qu’elle n’a pas besoin d’exhiber ses courbes et son joli minois pour faire chavirer les cœurs.
On entre facilement dans ce film à l’aspect poli, lissé où tout est net. Les couleurs pastels, la lumière savamment dosée ajoutent à l’ambiance douce et apaisante du film. Dès lors, l’atmosphère intimiste est créée. Il est donc tout simple de s’investir à fond dans le dialogue, puis la relation qui va se nouer entre l’homme et la « machine ». Je ne sais comment expliquer le sentiment qui naît au visionnage de ce film puis qui traîne ensuite quelques jours. Comme l’a dit très justement un ami après l’avoir vu : « Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer ». C’est vrai. On ne sait pas. Est-ce que ce film rend heureux au possible ? Oui. Est-ce que ce film rend triste à pleurer ? Aussi. Est-ce qu’on est envieux de cette relation ? Oui. Et non. Et oui quand même. Va surnager cette complexité et cette perplexité tout au long du film et de sa « digestion » si je puis l’exprimer ainsi. Mais c’est un pur plaisir.
Les +++ qui font de ce film une merveille
- Les talents conjugués de Spike Jonze, Joaquin Phoenix et Scarlett Johansson
- L’ambiance globale tout au long du film qui coule comme du miel, qui caresse comme une plume
- L’histoire qui paraissait impossible à raconter, dont on ne sait pas quoi attendre et qui est déroulée avec un naturel déconcertant
- La beauté exacerbée par Spike Jonze de Joaquin Phoenix dont le visage occupe l’écran durant la quasi-totalité du film, aussi bien que l’attrait et la sensualité de la voix de Scarlett qui arrive à faire passer un maximum d’émotions
A vos agendas : Sortie française le 19 mars 2014
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